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Le projet obscure de Frank Ocean

📀 Frank Ocean - Endless (2016)

Tout le monde connait Blond, l'album mythique de Frank Ocean qui continue de bercer aujourd'hui toute une génération d'auditeurs. Mais beaucoup sont passés à côté de l'album que Frank a sorti la veille de Blond et du coup de maitre qu'il a réalisé avec cette double sortie.


Si Endless est un album visuel à la structure surprenante, c'est avant tout une stratégie commerciale.



Frank Ocean s'est rapidement retrouvé emprisonné dans son label au début de sa carrière et utilise ce projet pour s'en débarrasser et retrouver son indépendance.


Frank avait rejoint Def Jam en 2009 après sa rencontre de Tricky Stewart, chef de projet du label. Malheureusement, Tricky quitte le label avant qu'ils aient collaborés et Frank est totalement mis sur la touche. Une signature en major que l'artiste va vite regretter.


Il travaille sur Nostalgia, Ultra sans aucune aide du label et c'est seulement après son succès qu'il lui débloque un budget pour réaliser Channel Orange en 2012. Le label n'est intéressé que par le profit que Frank va générer et l'artiste le sait mieux que personne.


Malheureusement pour notre cher artiste, il reste encore un album à réaliser sur le contrat de Frank. Celui-ci va prendre 4 ans pour le préparer et réalisé son coup de maitre. Longtemps teasé sous le nom d'album "Boys Don't Cry", la réalité sera tout autre.

Endless sort le 19 août 2016 en tant qu'album visuel accompagné d'un clip de 45 minutes disponible sur Apple Music, remplissant le contrat Def Jam. Le lendemain, le 20 août, Frank sort Blond en indépendant sur son label, appelé comme par hasard "Boys Don't Cry".


Blond est d'abord disponible uniquement sur Apple Music, un deal d'exclusivité qui va bloquer Def Jam et permettre à Frank d'obtenir directement dans sa poche la coquette somme de 21 millions de $. Un beau doigt d'honneur qui va faire beaucoup de bruit dans l'industrie.


Ce sera d'ailleurs le dernier coup d'essai d'Apple aux sorties exclusives. Blond va immédiatement devenir une référence à travers le monde mais qu'en est-il pour Endless ? Est-ce vraiment juste un album de passage dont il n'y a rien à retirer ?


Endless a logiquement été enterré sous le poids de Blond, il avait d'ailleurs été conçu dans ce but précis. Moins accessible à un grand public car plus expérimental, difficile à écouter en dehors d'Apple Music, l'album a vite été rangé au placard.


L'album est constitué des chutes de Blond et ça se sent. Avec 21 tracks pour 46 minutes, on retrouve de nombreux snippets et interludes de parfois moins d'une minute. Si un tri est à faire, de très bons titres ressortent dans cet enchainement riche.


On se laisse captiver par le couplet d"Alabama" évoquant alcool et troubles familiaux et se concluant sur la voix douce de Sampha ou par l'excellent "Rushes" avec Jazmine Sullivan où Frank décline tous les rushs (pression) qu'il peut subir ou rencontrer.


Endless est aussi un album visuel, proposé avec un clip de 45 minutes qui avait été longuement teasé sur son site Boys Don't Cry. Ce film en noir et blanc montre la fabrication d'un escalier en colimaçon, sorte d'escalier vers le paradis et emblème de l'album.


Le nom d'Endless prend tout son sens quand, à la fin du clip, celui recommence de nouveau et que le titre d'intro "Device Control" reprend pour être completé. Une boucle un peu déroutante au 1er visionnage mais qui devient assez rapidement addictive.

En 2017, pour le Cyber Monday, Frank proposera son album en physique pendant 24h dont des vinyles somptueux à la cover holographique et aux faces B gravées du nom "Endless". Ils étaient alors à 35$, bien loin du prix de revente actuel continuant de s'envoler.


Le vinyle passionne de part les détails qu'il apporte. Les pochettes reprennent la DA du film avec des photos en noir et blanc.


Si sur Blond, Frank pose de face, ici il est toujours de dos ou de côté, une atmosphère fuyante renforcant l'aspect caché du projet.


Plus qu'un album des restes de Blond, Endless fascine de par son coup stratégique retentissant, son clip vidéo à la fois lent et hypnotisant et certains de ses titres très touchants. Une boucle sans fin, que l'on a pas fini de laisser tourner.


Rédacteurs : Victor, Johan

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