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INTERVIEW SALUCV : les coulisses de l'orage

Dans les coulisses du vinyle de “Plus Fort que l’Orage” de Bekar

cover bekar

Les amateurs de la nouvelle génération de rap français connaissent déjà son travail par cœur. Le directeur artistique salucv est devenu un nom incontournable, remarqué notamment avec ses covers pour Nes ou Ucyll. Il est rentré dans la cour des grands avec son travail sur “Plus Fort que l’Orage” de Bekar. Un événement où il a pu montrer toute l’étendue de son talent, sur grand format, avec le design de son 1er vinyle. L’occasion de revenir avec lui sur les coulisses du design d’un vinyle, les difficultés rencontrées et les nouvelles portes qui s’ouvrent à lui. Résumé d’un entretien convivial entre anecdotes étonnantes et l’inévitable dédicace : “Bisou à mon papa et à ma maman”.


Collectionneur “depuis qu’il est gamin”, le créatif accorde une importance particulière au physique. Il pense en 1er au CD quand il crée une pochette. Un format plus complexe à réfléchir vu sa petite taille et son livret qui demande une DA riche. Sa collaboration avec Bekar remonte à début 2022 à l’époque du projet “Mirasierra”. L’artiste demande de l’aide à sa communauté pour réaliser la cover du 1er single. Salucv saute sur l’occasion et envoie une proposition réalisée en 30 minutes chrono. La cover ne sortira jamais, mais le lien est créé, notamment avec Raf, le manager de l’artiste.


Ce dernier revient vers lui, l’era “Plus Fort que l’Orage” est lancée et il reçoit un brief très précis sur le contenu de l’album, accompagné de vagues idées visuelles. Il commence par 3 covers, pour les 3 singles “Efferalgan”, “Alors” et “L’album est terminé” annonçant progressivement l’arrivée de l’orage, avec un ciel qui s’assombrit et des couleurs sombres qui prennent petit à petit le dessus.

cover singles

L’idée d’un “mec face à un éclair et la mer” était déjà présente. Le projet s’organise autour de plusieurs collaborateurs et un délai de 3 mois. Après quelques essais infructueux, l’association des photos de withtom et du graphisme de salucv sera la bonne. Un projet plus ambitieux, mais qui ne change rien à la manière de travailler de salucv.


Adepte du “graphisme de débrouillard”, il se donne à fond peu importe les projections de ventes, l’important pour lui étant de prendre du plaisir à créer.


Après 5 versions, il revient à sa 1ère idée, avec l’envie d'évoquer une notion de grandeur, d’épreuve à surmonter. Résultat, une cover sombre, sans titrage sur les plateformes de streaming, qui dévoile tout son potentiel dans sa version physique. On pense au coffret limité avec son éclair illuminé, une prise de risque pour lui qui avait peur que le rendu soit kitsch. Notamment au moment de le commander au fournisseur et que “tout était littéralement en chinois, même les dimensions”.

vinyle blanc

Pour le vinyle, l’artiste est venu jouer avec des stickers pour ne pas déséquilibrer le visuel et un disque blanc, rappelant la lumière dégagée par l’orage. Une décision importante et une “étape de réflexion nécessaire” pour offrir un bel objet. Il nous révèle que le vinyle devait d’abord être bleu, mais qu’il n’était pas convaincu par les teintes proposées par l’usine. Le macaron du disque étant déjà foncé, c’était aussi un moyen de contraster, de faire un dernier choc à l’unboxing.


Tenir dans les mains son 1er vinyle ? “Ah gars truc de fou”.


Une satisfaction incomparable au streaming mais aussi une source de stress pour le créatif. Il vérifie dans un 1er temps que tout correspond à ses designs et ne sera satisfait que dans un 2nd temps. Le projet des découvertes pour salucv qui a vu son travail distribué en Fnacs pour la 1ère fois. Il décroche même son “1er tram” pour la promo de l'album ! Il prend ainsi le pas d’un certain Raegular qui avait ouvert la voie avec sa cover pour Dimeh.

tram

Une de ses inspirations qui lui a permis de réaliser qu’un packaging pouvait être une œuvre d’art à part entière. Il cite également WWWESH STUDIO et Armor Amor : “il y a toujours un peu de leur travail dans le mien.”

Salucv pourrait désormais rêver en grand, croisant les doigts pour son 1er disque d’or avec Bekar, mais il compte prendre son temps et continuer à apprendre. Il souhaite aussi explorer d’autres genres, notamment attiré par la liberté des designs de l'électro. Le rap ne reste jamais loin. Sa collaboration de rêve ? Il répond immédiatement Laylow avant d’émettre des doutes. Il aurait presque peur de mettre “son grain de sel” dans un univers qu’il admire et l’inspire.


Le plus important, garder sa passion intacte.


Pour ça, il s’est réservé la découverte de l’album le jour de sa sortie, avec ses visuels affichés, partageant l'effervescence avec tous les autres fans de Bekar. Un rituel important pour “ne pas perdre la magie”. Malgré une deadline courte et le stress de la découverte du résultat une fois sorti d’usine, l’artiste signe son 1er vinyle avec brio. Proposé à 22€ pour un double disque, c’est une des bonnes surprises de l’année sur la scène rap francophone.

photos vinyles

Merci à salucv pour sa participation et diegotunes pour les photographies. Rédacteur : Victor

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